Chaque semaine, le jury web détermine le meilleur triptyque selon lui. Les participants choisis seront sélectionnés
pour la délibération finale.
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Le jury web vous livre ses impressions et ses coups de coeur sur son blog...
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Le gagnant de la semaine 14 (du 06 Septembre au 12 Septembre)
Les gagnants recoivent un abonnement d'un an à Images Magazine. ![]()
Commentaire du jury : "Moi, toit, lui," joli titre pour un triptyque : la faute d'orthographe qui semble devoir marquer chaque correspondance SMS ou facebook n'en est finalement pas une et la proposition de Victor C. est toute dans cette élégance, allusive et poétique. Sauf le leurre d'un T-shirt, les personnages de ses trois photos ne nous montreront pas leurs yeux. Ils ne nous font pas moins partager leurs regards : concentration du lecteur en chambre qui endosse derrière son masque le rôle de "Moi", contemplation du personnage cagoulé sur son toit, enfin connivence ou plus, si affinité, des deux garçons aux lunettes noires, faux jumeaux ou vrais amis qui s'assemblent et se ressemblent. "Parce que c'était moi, parce que c'était lui", le bon Montaigne ne pouvait pas expliquer autrement l'amitié qui le liait à La Boétie. Victor C. donne sa propre version du lien tribal que préservent les initiés et c'est bien sûr ce qui fait la valeur de son récit en en noir et blanc, en trois belles images serrées dans leurs cadrages de film.
Le gagnant de la semaine 13 (du 30 Aout au 09 Septembre)
Commentaire du jury : Avec ses parasols pliés et sa terrasse déserte, la cafétéria du Centre Pompidou donne une version plutôt contrariée de ce qu'on attend de la Dolce Vita de Frédéric P. : la plage aux flaques ne connaît pas le sable et le bleu du ciel est celui des structures d'aération. Même faux horizon d'orage de l'autre côté de l'Atlantique, sur la cinquième avenue de Manhattan : une bâche de protection tendue sur un chantier d'immeuble s'offre au dessin des arbres qu'elle intègre au décor qu'arpentent des figurants figés en figurines de train électrique. L'espace vide d'un musée à Paris, à New York des passants qui ne regardent rien, le monde que Frédéric P. nous laisse entrevoir, toutes clefs confisquées, semble devoir se mériter. Au cœur de tout cela, une fête étrange rassemble dans un éclairage jeune-bleu à la fois contrasté et tamisé une tribu de voisines entre deux âges, sabbat petit-bourgeois de sorcières ménagères coiffées du même chapeau doré de clown. Si la Vie n'est pas vraiment douce en son monde, il y a un zeste de Fellini chez Frédéric.
Le gagnant de la semaine 12 (du 23 Aout au 29 Aout)
Commentaire du jury : En cherchant bien, on peut au printemps trouver des fleurs à New York , des oiseaux contents et des amoureux qui oublient leur tribu. Pour son triptyque en noir et blanc, Arthur J. a contourné les clichés d'une des villes plus photogéniques au monde, il a même renoncé au cadrage vertical pour aider la falaise de verre de son building à effilocher les nuages du ciel. A gauche de cette masse pyramide, un terrain plus ou moins vague, sans doute lorgné par les promotteurs, offre une aire de jeux sous le portrait géant signalant l'exposition de Marina Abramovic au MOMA. Les enfants qu'on voit là ressemblent à ceux que photographiait Helen Levitt dans les années 1950, mais l'affiche nous dit qu'ils sont bien de notre année 2010. La troisième image, encore différente mais au cadrage aussi rare et soigné nous montre de très loin le front d'immeubles bourgeois de la rive est du lac de Central Park. Le New York de toujours, c'est bien ce spectacle solaire de l'argent, du gigantisme et de la chaleur humaine.
Le gagnant de la semaine 11 (du 16 Aout au 22 Aout)
Commentaire du jury : Xavier L. voit son monde en noir et blanc, pas spécialement gai, pas non plus tragique. Son histoire se dissémine en trois instantanés, si silencieux qu'ils en deviennent éloquents. Que peut bien regarder l'adolescent un moment distrait de ses exercices de ballon sinon cette femme qui s'éloigne le soir, ses courses faites, tirée par son caniche en un carrefour aux passages piétonniers graphiques et déserts ? Peu importe que la silhouette soit celle d'une sœur, de l'amie, de la mère, elle s'échappe là dans sa nuit, laissant l'enfant à son futur de contrastes, de vérités et de contraires : quel curieux écran de film que la photographie du centre, avec ses deux hommes en salle d'attente d'on ne sait quoi ! Faux Derrick et vrai Black, condensation de communautés qui s'ignorent ou se tolèrent, les deux figurants en chapeaux restent indifférents à l'invitation à jouir de l'air et du soleil, en bonne et jeune compagnie : les voisins de Xavier L. vivent de côté, tribu désagrégée par une solitude inquiète et photogénique.
Le gagnant de la semaine 10 (du 09 Aout au 15 Aout)
Commentaire du jury : Alexis ne donne pas de titre à son triptyque : ensemble ses images sont assez éloquentes pour exprimer une belle idée née de trois bonheurs fragiles de l'humanité : la liberté, la jeunesse, la beauté. A chacun de distribuer ces images dans l'ordre qui lui parle. De gauche à droite, comme l'écriture arabe, l'image de la prison (je dirais celle de Gorée au Sénégal, point de départ vers l'Amérique esclavagiste) s'ouvre sur l'océan, face sublime de notre planète qui nous parle d'évasion ou peut-être de servitude si le port est la Nouvelle-Orléans. La troisième photographie nous montre un magnifique et souriant athlète jouant au-dessus de la Ville avec un ballon suspendu dans le ciel, éclairé comme la Terre par la lumière oblique du soleil : libre sans aucun doute, mais aussi triomphant. L'autre sens de lecture, celui de l'écriture occidentale nous conduit à rebours vers la mémoire, mais quelle que soit la manière dont on se promène entre elles, ces images brillent en éclat égal par la cohérence d'un discours littéralement fidèle au beau thème du concours.
Le gagnant de la semaine 9 (du 02 Aout au 08 Aout)
Commentaire du jury : Un tryptique qui sent l'été, les amitiés d'été, le nez en l'air... La technique importe peu ici - et ces images ne sont pas spécialement impressionnantes, seule le présent nous impacte, comme si nous avions accopagné le photographe dans cette balade urbaine et dénudée.
Le gagnant de la semaine 8 (du 26 Juillet au 01 Aout)
Commentaire du jury : Moland F. a de la suite dans les idées. Son triptyque, déjà emprunt d'une patte graphique bien trempée et sentie, joue la descente. Une lente descente qui débute d'en haut par cette belle jeune femme, entravée dans son décor, mais tournée vers l'extérieure. Elle regarde en bas de sa fenêtre, il y a ce travailleur de chaire posée. Et la vue semble se prolonger enfin dans la rue, encore plus bas, pour passer carrément à l'envers. La belle descente de Moland, accentuée par ces prises de vue en oblique, se révèle aussi posée que dynamique, et très cinématographique. pour une fois que c'est un plaisir de lire de diagonale...
Le gagnant de la semaine 7 (du 19 Juillet au 25 Juillet)
Commentaire du jury : Arrêt cette semaine sur Marion F., qui a vraiment tout compris : son triptyque est élégant, humain, varié et cohérent. Et surtout, il respecte le thème de ce concours, quand je me désespère parfois à tomber sur 3 photos (sûrement prises à une seconde d'intervalles les unes des autres) d'un chat ou d'un bébé. Non, stop ! Quel bonheur de voir enfin une séquence d'images qui se valent pour elles-même et se décuplent une fois affichées côte à côte. Que plaisir de découvrir et inventer les histoires qui ont amené, ont découlé de ces prises de vues… Bien réalisées sans tomber dans la démonstration technique, bien pensées sans tomber dans la (sur)mise en scène, ces images sont justes et vivantes, tout simplement.
Le gagnant de la semaine 6 (du 12 Juillet au 18 Juillet)
Commentaire du jury : Vous allez vous demander si je n'ai pas un faible pour les immeubles et je plaidrais un peu coupable. Mais ce tryptique de Benjamin I. est joueur. Les fenêtres d'immeuble offrent un cadre dans le cadre, donnent une unité de lieu limite opressante. Une vie réelle et pas forcément rêvée. Et dans ces plan rapprochés, il y a toujours de la vie, du vécu, des actes. A qui s'adresse ce garçon ? A qui s'adressent ces fraises ? A qui s'adresse cette compilation ? A nous, sûrement.
Le gagnant de la semaine 5 (du 05 Juillet au 11 Juillet)
Commentaire du jury : Dans cet océan de propositions, de regards, de tryptiques, de trips, beaucoup se sont perdus dans des notions parfois un peu scolaires au thème. Et puis certains se sont totalement approprié notre proposition, y ont apposé la tessiture de leur vie. Dans son énoncé, Laurent pose déjà la sienne. Vous parlez de tribu, de voisin, de monde, je préfère utiliser mes voisins, ma vue, ma vie. Ce n'est pas grave. La Photo ne s'épanoui pas dans le respect total. Et puis au premier abord, le tryptique de Laurent énerve, car les deux vues gardes du corps semblent très semblables. Et celle du milieu n'est pas loin, sûrement à quelques mètres. Mais cette apparente fainéantise cache une vraie sincérité. Notre vie n'est pas forcément notre vie rêvée. Elle est parfois faite de répétition, de frustrante unité de lieu, de quotidien. Comme une voisin d'Epinal regardant au dehors de manière timide, Laurent nous livre une belle tranche de vie. Trois tranches.
Le gagnant de la semaine 4 (du 28 Juin au 04 Juillet)
Commentaire du jury : C’est le portrait du centre, la belle à la marguerite, qui m’a attirée, je le trouve mélodieux et bizarrement cadré, entre horizontalité et verticalité, ça me plaît beaucoup. Et ce côté champêtre, finalement, irrigue ces trois photos, de l’homme sur les rochers au bord de l’eau aux dernières pirouettes, joyeuses, assez jazzy. J’aime toujours quand une photographie évoque la musique, d’une façon ou d’une autre. Et là, c’est flagrant, j’ai une bande-son dans la tête. L'association noir & blanc et couleurs marche bien, et donne au triptyque un certain swing. C’est aussi la preuve qu’une photo n’a pas besoin d’être spectaculaire pour faire rêver (ou éblouir).
Le gagnant de la semaine 3 (du 21 Juin au 27 Juin)
Commentaire du jury : C’est une traversée des apparences en morceaux choisis. Un ciel avec des éclats de nuages. Une jeune fille au visage masqué par sa chevelure, comme indifférente à ce qui l’entoure. Des portes fermées à moitié ouvertes. Il y a une vraie circulation dans ce triptyque, et c’est ce qui me plaît, ce courant d’air qui touche à son apogée dans la dernière photo, avec des bandes de lumières effervescentes. J’aime l’incertitude qui se dégage, on ne sait pas trop ce qui se passe avec cette étrangère repliée sur elle-même. Le format carré convient bien à cette proposition, et les couleurs, calmes, renforcent le mystère. C’est une interprétation originale du thème du concours, assez distante, finalement très sobre.
Le gagnant de la semaine 2 (du 14 Juin au 20 Juin)
Commentaire du jury : Autoportrait ou non, j’aime le visage de cet homme jeune, son sérieux affiché face à l’objectif, son zeste de vanité. Surtout sa moitié cachée dans le noir comme une éclipse partielle. Il donne le ton à sa série, entre le paysage de nuages qui se reflètent dans un miroir (d’eau ?) et la silhouette qui s’agite, Belphégor à la casquette écossaise, comme électrisée par la musique. C’est une déclinaison du thème “Ma tribu. Mon voisin. Mon monde” qui ne manque pas d’attrait. Il y a un certain mystère, accentué par le parallèle entre le visage en gros plan et le danseur au masque blanc, avec le panorama (en hauteur) qui donne du champ, du vide, de l’espace. Bonus (1) : les couleurs sont belles, assez sourdes, silencieuses. Bonus (2) : le titre, “My pictures”, cinématographique.
Le gagnant de la semaine 1 (du 07 Juin au 13 Juin)
Commentaire du jury : Ces personnages ont l'air dans l'attente, comme s'ils étaient de passage.
Et l'échelle vient renforcer leur désir de mouvement, peut-être de fuite.
Il y a une atmosphère un peu surréelle qui me plaît, et une lumière familière entre lune et néons.
J'imagine que ces jeunes personnages aiment la musique (rock?) et le cinéma américain.
Je ne sais pas pourquoi, quand je les regarde, j'ai envie de siffler.
Les photos ont des tons grisés, ça accentue l'idée d'une certaine mélancolie, pourquoi pas ?
"Ma tribu. Mon voisin. Mon monde." se conjugue à tous les temps.













































